Vierge noire du Puy-en-Velay
Haute-Loire, Auvergne,  XVIIe siècle

 

 Statue de la Vierge à l’Enfant en bois sculpté, gravé, peint et doré. Les visages de la Vierge et de l’Enfant sont peints en noir. Un décor de feuillage gravé et doré couvre l’ample manteau évasé de la Vierge et celui de l’Enfant. Le manteau de la Vierge est sculpté de trois médaillons et de trois colliers composés de perles, de cabochons et de fleurs (symbole du Velay).

 La Vierge est coiffée d’une couronne sans diadème (probablement supprimé à la Révolution). Sa tête est couverte d’une capuche ornée de cabochons de chaque côté du visage. L’Enfant porte la même couronne et la même capuche. A son cou pend une grande croix.

 Les deux côtés évasés du manteau de la Vierge sont des demi-cônes rapportés. Le dos de la statue est brut. Un trou sous la base devait permettre de la fixer sur un socle muni d’un tenon. Hauteur : 49cm ; largeur à la base : 33 cm.

 La Vierge noire qui trônait dans la cathédrale Notre-Dame du Puy ayant été brûlée en 1794, fut remplacée en 1856 par une Vierge du XVIIe siècle provenant de l’ancienne chapelle de l’église Saint-Maurice du Refuge. Cette statue en bois peint et doré était l’une de ces Vierges au manteau censées copier la Vierge en majesté du Puy-en-Velay que les fidèles voyaient toujours revêtue d’une riche étoffe d’où ne dépassaient que sa tête et celle de l’Enfant assis sur ses genoux 
 

 Notre Vierge noire s’apparente à ces Vierges au manteau vénérées depuis le XVIIe siècle dans les églises d’Auvergne à Solignac-sur-Loire et Saint-Christophe d’Allier en Haute-Loire, Saint-Martin de Thuret dans le Puy-de-Dôme, Saint-Flour et Fridefont dans le Cantal, ou encore à Nieigles et Sablières en Ardèche. Certaines sont dorées, d’autres peintes (ou repeintes). Elles mesurent entre trente-cinq et soixante-quinze centimètres. 

 La faible épaisseur de notre statue suggère qu’elle devait prendre place contre un mur de chapelle ou d’église, sur une console ou dans une alcôve, pour être vue frontalement, comme l’atteste l’absence de sculpture ou de dorure à l’arrière. Si elle revêt la forme traditionnelle en « cloche » des Vierges au manteau, elle se distingue par ses proportions harmonieuses que soulignent le dessin élégant du col et de la fleur sculptée en médaillon qui le ferme. Mais ce manteau somptueux et ses riches ornements ne sont que les marques extérieures de la perfection et de la majesté du modèle dont témoignent la dignité du maintien, la noblesse du visage et son regard placide contemplant la lumière intérieure.

Bibliographie : S. Cassagnes-Brouquet, Vierges noires, Ed. du Rouergue, 1990, pp126-133 ; H. Leroy, F. Debaisieux, Vierges romanes, Ed. Debaisieux, pp34-35, et 106-109 ; Les majestés du Cantal, Catalogue d’exposition, 1992, pp83-97.